Si vous avez vu des tapis tuftés avec des sections arrondies et moelleuses côtoyant des zones denses et lisses (des amas semblables à de la mousse à côté d’un ruban d’« eau » plat en est un exemple courant) et que vous vous êtes demandé comment cela est réalisé, la réponse surprend généralement les débutants : il ne s’agit pas d’utiliser un fil différent. C’est une question de hauteur de poils, et il faut généralement deux pistolets pour bien le faire.
Ce n’est pas le fil, c’est la hauteur
L’aspect moelleux et volumineux provient d’un velours coupé plus long. L’aspect dense et lisse provient d’un velours coupé plus court. Tufté à la même hauteur, le même fil a un aspect complètement différent selon la longueur de poils laissée : les poils courts sont plus plats et paraissent lisses, tandis que les poils longs ont plus de matière dressée par touffe, ce qui donne cet aspect arrondi et volumineux.
Ainsi, le contraste dans un tapis comme celui-ci n’est pas un choix de fil. C’est un choix de hauteur de poils, appliqué à différentes zones d’un même motif.

Pourquoi deux pistolets, et non un seul
Vous pourriez, en théorie, tufter un motif entier à une seule hauteur de poils, puis revenir en arrière et réajuster la molette de hauteur d’un seul pistolet pour la section suivante. En pratique, la plupart des tufteurs travaillant ainsi utilisent plutôt deux pistolets dédiés : l’un réglé sur une hauteur de poils standard pour les zones lisses, et l’autre réglé sur des poils longs (notre AK-1H est fixé à 40 mm) pour les zones moelleuses.
Il y a plusieurs raisons pratiques à cela :
- Pas de temps d’arrêt pour le réétalonnage. Chaque fois que vous réajustez la hauteur de poils d’un seul pistolet, vous perdez du temps et vous risquez une hauteur irrégulière si le réajustement n’est pas exact. Deux pistolets, chacun déjà réglé correctement, vous permettent de passer de l’un à l’autre instantanément.
- Constance au sein d’une section. Un pistolet qui a été calibré à une hauteur et laissé tel quel reste constant aussi longtemps que vous l’utilisez. Cela importe particulièrement dans une pièce comme celle-ci, où les amas de « mousse » doivent paraître uniformément moelleux les uns par rapport aux autres, et non devenir progressivement plus hauts ou plus courts au gré de vos réajustements.
- Changement plus rapide pour les motifs organiques. Les motifs où les zones moelleuses et lisses s’entrelacent, plutôt que de former chacune un bloc distinct, impliquent de changer souvent de hauteur de poils. Avoir les deux pistolets en main est tout simplement plus rapide que de régler un seul pistolet à plusieurs reprises tout au long de la création.
Débuter avec le contraste de hauteur
Si vous prévoyez votre premier motif avec ce type de contraste, voici quelques conseils utiles :
- Planifiez vos zones de hauteur avant de commencer le tufting. Décidez quelles parties de votre motif seront courtes et lesquelles seront longues, de la même manière que vous planifieriez les zones de couleur.
- Tuftez d’abord les zones à poils courts, si votre motif le permet. Il est généralement plus facile de travailler avec un pistolet à poils longs à proximité d’une zone à poils courts déjà terminée que l’inverse.
- Réservez votre pistolet à poils longs pour les éléments « vedettes ». Dans des motifs comme l’exemple de la mousse et de l’eau, les poils longs font une grande partie du travail visuel. Une petite quantité de poils longs suffit à produire un grand effet.
Pour les détails très fins sur les bords où une section moelleuse rencontre une section lisse, certains tufteurs reviennent ensuite avec des outils de rasage et de sculpture de tapis pour arrondir la transition à la main. Il s’agit d’une étape de finition plutôt que de la technique principale, mais il est utile de savoir qu’elle existe si vous souhaitez obtenir la bordure la plus nette possible entre les zones de hauteur.


